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Témoignage d'Anaïs, 21 ans

Témoignage d'Anaïs, 21 ans
Bonne résolution 2008 : Continuer le combat !!

Le 29 juillet 1986, à 00h50, ma maman me met au monde avec un mois d'avance. Je suis une jolie petite fille, je me porte bien, et le prénom choisi sera anaïs. J'ai grandi à la campagne, enfance heureuse, bercée de chamailleries avec ma grande s½ur, de moments de tendresse avec mes parents, et de jeux en touts genres. Mon préféré, c'était bien sur de jouer à la maman, comme toute les petites filles. On met des coussins sur son ventre, et on rêve de devenir grande !

S
eulement voilà, j'ai grandi, et les choses ont changées. Je suis toujours restée très proche des enfants. J'ai cumulé les heures de baby sitting, les voyages scolaires, et les moments de complicité avec tous les petits bouts de chou que ma mère a pu garder puisqu'elle es nourrice. Et j'ai toujours eu un contact privilégié avec chacun d'entre eux, que je retrouve aujourd'hui avec mes deux neveux. Au fil des années, les rêves de petite fille laissent place aux envies d'ados, et on attend avec impatience le jour de ses premières règle pour se sentir femme, et capable de concrétiser nos rêves d'enfants, toujours dans un coin de notre tête. Alors on attend son tour, patiemment, mais il se fait attendre, tellement attendre, que je décide de consulter, et c'est la que tout s'effondre.

Je fais partie des femmes qui ne feront jamais de leur rêve une réalité, je fais partie de celles qui devront se battre, et pleurer pour réussir à se sentir femme. C'est le cauchemar qui m'a rattrapé le jour ou les lettres M.R.K.H. sont entrées dans ma vie. A la suite de l'échographie censé me révéler la cause de mon absence de règles, le verdict est sans appel : je n'ai ni vagin, ni utérus. Ce syndrome est connu et porte le nom de MAYER - ROKITANSKY - KÜSTER – HAUSER ; aussi imprononçable qu'inacceptable, sa découverte a complètement détruit ma vie. J'avais 17 ans, et je me suis retrouvée forcée de prendre conscience d'un tas de choses auxquelles je n'avais pas l'age de penser.

A la sor
tie du cabinet, j'ai pleuré comme jamais auparavant. Je me sentais vide, anormale. Les femmes sont faites pour avoir des enfants, alors pourquoi je suis née incapable d'en faire ? Je me suis totalement dévalorisée, et comment trouver un homme qui allais m'aimer sachant que je ne ferais jamais de lui un papa, qu'il ne verra jamais mon ventre s'arrondir, qu'il ne sentira jamais les premiers coups de pieds de son bébé a travers, toutes ces choses que moi-même j'avais tant espéré avant que tout s'effondre. Moi qui aime tant les enfants, il ne pouvais rien m'arriver de pire.

Le p
lus dur dans tout ça, c'est qu'avec ce syndrome, il n'y a pas de guérison, on est en bonne santé, mais c'est moralement que l'on souffre, chaque jour qui passe, et nous n'avons actuellement aucun espoir pour que ça change. La greffe d'utérus est loin d'être au point, et même si elle l'était, une greffe, c'est risqué pour être tenté sur une personne qui comme je viens de le dire, est en bonne santé. Quand à la gestation pour autrui, c'est de loin la meilleure solution, seulement voilà, en France c'est impossible. Après la fatalité, qui a fait que c'est tombé sur nous, que l'on doit accepter même si c'est dur, il nous faut aussi se dire que c'est comme ça, que les lois sont ainsi, qu'elles nous prive de notre seul recours pour accéder au plus beau des cadeau de la vie, et tout ceci sans motif valable, j'ai beau chercher, je ne trouve pas. Sachant que des femmes sont volontaires pour nous aider, que notre demande est sincère et justifiée, je n'arrive pas à comprendre pourquoi les mentalités n'arrivent pas a évoluer dans notre pays, et nous privent de notre seul espoir.

La seule impression q
u'il nous reste est que tout est perdu, que rien ne nous sortira du gouffre dans lequel on vient de sombrer. On arrête d'espérer, pour être sur de ne plus jamais être déçue, pour ne plus jamais ressentir toute cette douleur.

Heureusement, je me su
is rendu compte que j'étais très entourée. Ma famille et mes amis m'ont beaucoup aidés. L'association maia m'a permis d'entrer en contact avec d'autres filles dans mon cas, pour rompre l'isolement, me permettre de me confier, et me montrer que je n'étais pas seule. J'ai repris confiance en moi, et j'ai même réussi à me convaincre que j'étais une femme normale, comme les autres.
Aujourd'hui, les choses sont différentes. Quatre ans se sont passés, et même s'il reste la cicatrice, on peut dire que la plaie s'est refermée. Bien sur que je n'oublierais jamais, et j'aurais toujours un pincement au c½ur devant une femme enceinte, mais j'ai appris à accepter, à vivre avec et à continuer a avancer malgré tout.
Ce qui m'a r
edonné des ailes, c'est d'avoir trouver l'amour. J'ai a mes cotés quelqu'un qui me soutiens énormément et qui m'aime comme je suis. Lui, il n'a aucun problème, et malgré tout, il a accepté de porter le mien, et on va se battre ensemble pour avoir nous aussi notre part de bonheur un jour. Je profite de ces quelques lignes pour remercier également sa famille, qui me soutiens beaucoup. Ca me fais un bien fou de vous avoir, vos paroles, vos regards tout simplement me redonnent confiance en moi et en l'avenir. Grâce a vous, j'ai de nouveaux rêves, et a nouveau l'envie de les réaliser. Je ne vois plus les choses de la même manière, l'envie de me battre a repris le dessus sur la fatalité.

Il y a
ura toujours des coups durs, mais il y a de nouveaux espoirs. Nous avons besoin de briser ce silence qui nous entoure pour que notre pays comprenne qu'une évolution est nécessaire. Les temps ont changés, les mentalités aussi, c'est au tour des lois maintenant de donner suite à nos espoirs en nous permettant a nous aussi de réaliser nos rêves de petites filles. La gestation pour autrui n'est pas un crime, c'est notre seule chance de faire une croix définitive sur les crises de larmes, les souffrances et les pincements au c½ur. C'est trop dur de ne pouvoir qu'envier le bonheur des autres, d'écouter les gens vous demander quand est-ce que viendra votre tour. C'est la seule solution qui pourrait nous permettre de devenir maman.
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Aidez nous à faire de cet espoir une réalité



# Posté le jeudi 10 janvier 2008 18:56

Modifié le jeudi 17 janvier 2008 13:33

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